( 2 décembre, 2017 )

Vous avez dit bénévolat ?

Comment un engagement humanitaire bénévole peut nuire à la cause qu’il souhaite servir ?
Ou
Quand l‘engagement politique d’un bénévole met en danger une association auprès de laquelle il souhaite s’engager.

La frontière entre engagement politique et associatif et souvent bien mince surtout si cet engagement associatif touche à l’humanitaire. Les exemples sont nombreux de personnalités engagée dans l’humanitaire devenues personnalités politiques (B Kouchner, R Ménard etc.) assez peu (à ma connaissance) ont fait le parcours inverse. Cependant nombreux sont ceux qui, engagés politiquement, militent également bénévolement pour des associations ou fondations. Cette situation pose parfois problème. Les associations sont tributaires de la bienveillance des élus locaux, attribution de subventions, mise à disposition de locaux ou de véhicules etc. La présence en leur sein d’opposants politiques provoque parfois d’importantes difficultés pour l’association, suppressions d’aides des collectivités (CF : suppression de la mise à disposition de locaux de certaines associations, secours populaire etc. par certains conseils municipaux).
Pourquoi ?
Echapper à l’entrisme ?
Peine perdue car ceux qui pratiquent l‘entrisme le font en mode furtif.
Ne pas laisser des « activistes politiques» (1) de l’humanitaire entrer en contact avec les plus démunis ?
Ces « activistes » inquiètent donc les tenants du pouvoir !
Ce qui est une bonne nouvelle dans la mesure où cela tendrait à démontrer qu’ils sont en capacité de permettre aux plus éloignés de la citoyenneté de réagir face aux injustices, d’être acteurs au sein de la collectivité.
Ne pas mêler politique et aide aux personnes en difficultés ?
Se préoccuper des autres c’est faire de la politique (Etymologie : du grec politikos, de la cité).
A quel niveau d’engagement est-on considéré comme militant « politique » ? En organisant des meetings ? En distribuant des tracts ? En discutant avec son voisin ? Être citoyen et voter n’est-ce pas faire de la politique ?
Si, à bon droit, une association ou fondation interdit de « faire de la politique » en son sein. N’est-il pas de sa responsabilité de faire respecter ce principe sans avoir à subir de pressions ?

Il me semble que ces pression de la part d’élus s’apparente à de l’abus de pouvoir.
Associations et fondations doivent avoir leur indépendance et les aides ou financement dont ils bénéficient ne pas être attachés à une connivence politique au risque de les voir disparaitre au gré des vents de l’alternance. Il n’en demeure pas moins qu‘il est probable que beaucoup de militants associatifs limitent leur implication citoyenne (politique) par peur des réactions.
Si généralement les associations et fondations sont « soutenues » officiellement par les dirigeants politiques de tout bord on est en droit de se demander il n’y a pas en filigrane un peu de démagogie. Probablement aussi un intérêt stratégique qui viserait à gérer la misère afin de maintenir une paix sociale et à faible coût grâce au bénévolat et aux appels répétés à la générosité publique.
Force est de constater que lorsque démagogie et intérêt stratégique n’apparaissent plus peser suffisamment dans la balance face à la peur de « l’activisme politique » (1) les pressions surgissent.
Ceci pouvant apparaître « de bonne guerre » mais pas de bonne démocratie.

« Je crois d’un bon citoyen de préférer les paroles qui sauvent aux paroles qui plaisent.» Démosthène
P. Dozio

(1) L’activisme politique est une attitude, une règle de conduite ou un engagement politique qui privilégie l’action directe à court terme par rapport aux principes théoriques et aux actions à long terme. Pour parvenir au changement économique, politique, environnemental ou social souhaité.

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